Après la séance de la veille, mon pauvre jean ne pouvait plus cacher sa double vie et Marion ne se privait pas de lui jeter des coups d'œil sans équivoque. Ses froncements de narines valaient une remarque. Le jeu dura toute la journée. En soirée, je rassemblai mon courage et décidai de passer à l'action. Alors qu'elle était en train de repousser la nourriture des vaches avec une grande pelle qui ressemblait à une lame
de chasse-neige, je m'approchai d'elle par derrière
et me collai contre son dos, appuyant mon pubis dans le creux de ses fesses. Malgré l'épaisseur de nos combinaisons de travail, je sentais nettement les contours de son jean, son dernier rempart quand elle aurait ôté son bleu. Ma main frôla ses cuisses puis finit par se poser sur son entrejambe. Elle se laissa faire sans résistance aucune. Nous étions seules dans la stabule et mes mains étaient libres de s'exprimer, l'une caressant le bombement de ses seins, l'autre explorant les replis intimes de son bleu de travail.
— Viens, me dit-elle, j'ai fini.
Nos bottes volèrent dans un coin et sans même nous changer, nous nous dirigeâmes vers la maison, espérant qu'il n'y aurait personne. C'était l'heure de la traite et cela durerait suffisamment longtemps pour nous laisser le champs libre.
Dès que la porte de sa chambre fut refermée, nous nous enlaçâmes, nous embrassant avec fougues dans le cou, sur le front, les joues, la bouche, mélangeant nos langues, nos salives, savourant l'odeur et le goût de la peau de l'autre. Nos mains se faisaient pressantes. J'aidais Marion à ôter son bleu de travail tandis qu'elle m'assistait avec un mélange de douceur et de fougue alors que j'enlevais ma combinaison. La pièce embaumait la senteur musquée de nos corps échauffés.
Les T-shirts arrachés, nous nous regardâmes avec tendresse. Je la trouvais si belle avec ses cheveux blond cendré et ses yeux lavande, son visage à l'ovale gracieux, ses lèvres pulpeuses qui s'ouvraient toujours sur une moue un peu provocante. J'aimais ses seins bien formés où les tétons se dressaient, son ventre plat d'où filaient les courbes douces d'un bassin où je rêvais de plonger et de m'engloutir. Je me serrai contre elle et le contact de ses seins contre ma poitrine décupla mon désir. Je me mis à caresser ses fesses dont les légères rondeurs étaient bien soulignées par les poches arrières de ce jean que je connaissais si bien à présent. Marion me prodiguait elle aussi des caresses et m'embrassait dans le cou. Je n'en pouvais plus de désir. Je me sentais dégoulinante. J'avais un peu honte et en même temps, j'avais une furieuse envie qu'elle enfonce sa langue et ses doigts dans mon humidité. Elle commença de déboutonner mon jean et passa les mains contre mes fesses pour le baisser doucement.
— A toi de m'en faire autant, murmura Marion. Maintenant que tu connais bien mon jean, tu peux découvrir ce qu'il y a dessous.
Je m'exécutai, déboutonnant langoureusement la braguette, m'attardant entre les chairs moites et le denim. Elle me laissa lui ôter entièrement et le ramassa pour me le tendre.
— Je crois que tu aimes le humer… murmura-t-elle en me souriant. Ne te gêne pas !
Je rougis un peu en enfouissant mon visage dans le tissus doux et souple comme je l'avais fait la veille au soir. Cette merveilleuse odeur de femme sensuelle qui s'y était imprimée était encore plus présente.
Marion baissa prestement mon pantalon et le réclama :
— Pour que nous soyons à égalité !
— C'est que… protestai-je.
Mais déjà, Marion se caressait langoureusement le corps avec mon jean, le portant à sa bouche et à ses narines sans même me quitter des yeux.
— Je sais, dit-elle. Et j'aime beaucoup découvrir tout ce que je t'ai inspiré.
Puis elle me tendit la main.
— Viens…
Nous roulâmes sur son lit, enlacées, échangeant des baisers brûlants et passionnés, des caresses empressées. La douceur, la chaleur de son corps me chaviraient. Le contact de sa poitrine satinée contre mes tétons érigés me rendait folle. Nous étions enchâssées l'une dans l'autre, le sexe frottant contre la cuisse de l'autre. Je sentais mes lèvres s'ouvrir sans retenue comme une fleur en plein soleil et lorsque Marion porta ses doigts à ma féminité, elle y trouva la souplesse et la profondeur de l'abandon d'où émergeaient quelques îlots de provocation : mes tétons durs et sensibles et mon clitoris, ruisselant de sucs intimes, émergeant de son petit capuchon. Ses doigts me titillaient, m'arrachaient des cris, lorsqu'elle pinçait délicatement la pointe des seins ou lorsque le velours de sa cuisse limait doucement ma fente. Je la réclamais par toutes mes extrémités, toutes mes ouvertures, et elle répondait à mes suppliques, me caressant, me frottant doucement, étalant ma mouille, avant de s'enfoncer en moi. Deux de ses doigts agiles me pénétrèrent bientôt suivis par un troisième tandis que son pouce massait consciencieusement mon clitoris. Sa main gauche accompagnait chaque mouvement de mon corps, jouant avec ma poitrine. Elle était partout, ne me laissant aucun répit. Je gémissais, haletant bruyamment, tentant désespérément de faire durer chaque seconde de ce plaisir que Marion me donnait sans retenue. L'orgasme monta du plus profond de moi, me balayant comme une vague de fond. Je criais presque, le corps vrillé par une onde de plaisir qui me traversait, un instant de plaisir absolu où je perdais pied. Et lorsque la jouissance commença de s'estomper, j'étais encore agitée de spasmes de plaisirs que je ne pouvais contrôler.
Sans que je l'aie vue venir, Marion se fraya un chemin dans l'ouverture de mon entrejambe et vint goûter mon nectar à la source, glissant sa langue dans l'ouverture béante de mon vagin, suçant mon bouton d'amour entre ses lèvres gourmandes. Petit à petit, elle ressuscitait mon plaisir, l'aspirant avant qu'il ne reflue totalement au fond de moi. Cela dura longtemps. De merveilleuses minutes de douceur sensuelle qui s'achevèrent dans une vague orgasmique qui émergea des tréfonds de mon être.
Ma respiration ralentissait à peine que je devinai un mouvement au-dessus de ma tête. Marion m'enfourchait, présentant devant mon visage sa motte toute tumescente et béante, brillante de cyprine. Elle haletait et ses gestes pressés traduisaient bien son impatience. Encore étourdie par la jouissance, je commençai de laper son sexe, découvrant le goût musqué de sa mouille, glissant mon nez dans les tissus caressants, humides et fragiles, me gorgeant de ses parfums interdits. Elle geignait de plus en plus fort, accompagnant mes coups de langue de mouvements du bassin qui s'accordèrent sur la toilette du chat que je lui prodiguais. Ma langue et mes doigts la menait rapidement au plaisir qu'elle accueillait avec des halètements sonores ponctués de petits geignements rauques. Puis soudain, elle s'immobilisa, tendue, tremblante, avant de pousser un long soupir et de se laisser retomber sur moi, engloutissant mon visage entre ses cuisses brûlantes, ce qui me permit de goûter pleinement au nectar de plaisir qui s'écoulait de son sexe, tandis que ses lèvres venaient déposer un long baiser sensuel que ma vulve béante.
Lorsque le calme revint, nous nous étreignîmes encore une fois avant de nous rhabiller en toute hâte et de reprendre nos postes respectifs. Au souper, nous n'échangeâmes pas dix mots. Inutile de vous dire que la soirée fut courte et que nous nous retrouvâmes dès que possible dans ma chambre pour nous enlacer de nouveau et, cette fois-ci, passer toute la nuit ensemble.
Notre histoire dura toute la semaine et s'acheva lorsque Marion dut rentrer chez elle. Malgré les promesses, je ne la revis jamais, pourtant, elle demeure un de mes plus beaux souvenirs, sans doute parce qu'elle était libre et sans fausse pudeur et qu'elle avait le goût de l'aventure et le parfum de l'interdit.